Envie de gagner en précision, en harmonie et en style à cheval ? Les figures de manège sont votre meilleur terrain d’entraînement pour développer le contrôle, l’équilibre et la connexion avec votre monture. Ce sont elles qui transforment un simple tour de carrière en une conversation fluide et élégante. Suivez ce guide pratique pour comprendre, exécuter et perfectionner chaque tracé avec confiance et plaisir.
💡 À retenir
- Les figures de manège améliorent la communication entre le cavalier et le cheval.
- Statistiques sur l’importance des figures dans les compétitions d’équitation.
- Exemples de cavaliers célèbres maîtrisant les figures de manège.
Qu’est-ce qu’une figure de manège ?
Une figure de manège est un tracé codifié exécuté dans une carrière ou un manège, à des allures et avec des incurvations précises. Derrière ces lignes et courbes se cache un objectif clair : coordonner vos aides, développer la rectitude, l’impulsion et la souplesse du cheval, tout en respectant la géométrie de la piste.
Chaque figure s’appuie sur les lettres disposées autour de la carrière et sur des dimensions standards. En club, on utilise le plus souvent un rectangle de 20 x 40 m ; en niveau supérieur, un rectangle de 20 x 60 m. Apprendre à « lire » l’espace, c’est déjà monter mieux : vous anticipez, vous cadrez le tracé, vous gagnez en régularité.
Définition et importance
Concrètement, une figure de manège est une consigne géométrique qui vous impose une ligne, des transitions et une incurvation données. Elle met à l’épreuve votre timing, votre précision et la disponibilité du cheval. Plus vous respectez la géométrie, plus le cheval se place correctement et s’équilibre.
En dressage, la majorité des mouvements notés sont des figures. Selon le niveau, entre 60 à 80 % de la note repose sur l’exactitude du tracé, la rectitude et la cadence. Les reprises comptent souvent 20 à 30 mouvements notés, chacun évalué pour sa précision, son rythme et la qualité du contact. C’est aussi ce que maîtrisent les grands noms comme Charlotte Dujardin, Isabell Werth ou Carl Hester : une exécution propre, lisible, sans tension apparente.
Les différentes figures de manège
Pour vous repérer, imaginez deux familles. Les figures dites « de base » enseignent la géométrie, la rectitude et la cadence : cercles, diagonales, doublés, serpentines. Celles dites « avancées » ajoutent des incurvations et des déplacements latéraux, demandant plus de contrôle des épaules et des hanches.
Chaque niveau progresse de la même façon : d’abord l’exactitude, ensuite la qualité d’allure, puis l’engagement et la légèreté. Visualisez chaque figure comme un schéma mental simple pour éviter de « dessiner au hasard » sur la piste.
Figures de base
Le cercle à 20 m ou 15 m est le premier test d’équilibre. Schéma mental : un grand hula-hoop posé au sol. Gardez le pli léger vers l’intérieur, épaules du cheval alignées avec la courbe, votre regard dirige la trajectoire. Repère : la taille du cercle se lit sur les lettres que vous touchez.
La volte est un petit cercle de 6 à 10 m. Plus la volte est petite, plus le cheval doit s’équilibrer. Pensez « mini-roue parfaitement ronde ». Si la volte devient ovale, agrandissez un instant, rééquilibrez, puis revenez à la taille voulue. La clé : peu de main, beaucoup de contrôle des épaules et du rythme.
La diagonale (par exemple H-F) change la piste et l’incurvation. Fixez votre regard sur la lettre d’arrivée, créez une ligne droite comme un rayon laser. Transitions au départ et à l’arrivée pour garder l’attention. Astuce : comptez vos foulées pour rester régulier.
Le doublé dans la longueur trace une ligne droite au milieu de la carrière. Imaginez un rail invisible entre A et C. Votre buste est le gouvernail : s’il reste centré, la ligne reste droite. Utilisez de petites demi-parades pour garder le cheval entre vos aides.
La serpentine alterne des demi-cercles répartis sur la largeur. Schéma mental : un « S » propre en 3 ou 4 boucles. À chaque ligne médiane, remettez le cheval droit une ou deux foulées, puis changez de pli. Contrôlez la taille égale de chaque boucle comme si vous aviez un compas.
Figures avancées
L’épaule en dedans installe le contrôle des épaules et la flexion. Entrez sur la piste intérieure, pli léger, épaules devançant les hanches. Pensez « rails parallèles » : direction vers l’avant, angle constant, cadence régulière. Cette figure assouplit et engage puissamment.
La cession à la jambe déplace le cheval en diagonale avec un léger pli à l’opposé du déplacement. Visualisez une flèche oblique vers la lettre d’arrivée : impulsion d’abord, déplacement ensuite. Le contact reste élastique, la nuque ne s’enroule pas.
L’appuyer demande plus d’équilibre, avec incurvation dans le sens du déplacement. Imaginez pousser une porte lourde de l’épaule vers la hanche, tout en gardant la marche en avant. Entrez droit, préparez l’angle, puis soutenez avec la jambe intérieure et orientez avec la rêne extérieure.
La demi-volte et la demi-volte renversée servent aux changements de main précis. Pensez à deux quarts de cercle reliés par une courte diagonale, comme un crochet propre. Restez fluide pour éviter les cassures.
La pirouette au pas concentre l’équilibre autour des postérieurs. Fixez un petit pivot au sol, avancez les épaules autour, cadence calme et régulière. Si le pas se bloque, agrandissez, respirez, puis revenez progressivement. Maîtriser chaque figure de manège avancée, c’est installer une boîte à outils pour toutes les disciplines.
Techniques pour réussir les figures de manège

Un bon tracé naît d’une préparation soignée. Avant chaque figure, posez un plan simple : où je commence, où je regarde, quel pli et quelle impulsion je veux. Visualisez la forme au sol, puis « dessinez » avec votre bassin et vos épaules.
Utilisez la règle des 3 temps : préparer, demander, céder. Préparer : rééquilibrer et annoncer avec le regard. Demander : poser vos aides discrètes. Céder : rendre dès que le cheval répond, pour garder la légèreté et la motivation.
- Regard et buste : votre regard guide la trajectoire comme un laser. Le buste reste aligné avec la ligne que vous tracez.
- Pli et incurvation : rêne intérieure qui invite, rêne extérieure qui cadre. Les jambes encadrent pour éviter que les épaules s’échappent.
- Cadence et impulsion : priorité absolue. Si le rythme se dégrade, simplifiez la figure ou agrandissez la courbe.
- Coins et lettres : utilisez chaque coin pour incurver, chaque lettre comme repère de départ et de fin. Les repères rendent vos tracés lisibles.
- Transitions intelligentes : mariez figure et transition pour fixer l’attention. Par exemple, pas-trot 3 foulées avant la diagonale, puis reprise du trot en sortie.
Repères pratiques : sur un rectangle standard, les diagonales vous donnent des distances constantes. Pour un cercle régulier, fixez quatre points cardinaux et reliez-les par des courbes égales. Sur une volte, restez une ou deux foulées au pas si le cheval se précipite, puis reprenez le trot quand l’équilibre revient.
Exercice progressif : trois cercles en escalier (20 m, 15 m, 10 m), puis retour à 20 m. Idéal pour apprendre à mesurer l’espace sans outils. Autre idée : serpentine de trois boucles au trot, avec transitions trot-pas au passage de la ligne du milieu pour vérifier la rectitude.
Erreurs courantes à éviter
Quelques défauts reviennent souvent. Les identifier tôt vous épargne bien des frustrations et protège la motivation du cheval.
- Cercles ovales : vous « regardez au sol ». Solution : fixez un point à hauteur d’yeux sur la barrière et ajustez aux quatre points de la courbe.
- Trop de main intérieure : le cheval plie l’encolure mais fuit par l’épaule extérieure. Corrigez avec la jambe extérieure et un cadre de rêne extérieure, main intérieure légère.
- Perte de cadence : la figure devient prioritaire sur l’allure. Règle d’or : cadence d’abord, figure ensuite. Simplifiez, retrouvez le rythme, puis recommencez.
- Entrées approximatives : départ en retard, lettres « manquées ». Préparez 5 à 6 foulées avant, annoncez avec le souffle, puis engagez proprement.
- Angles variables en déplacement latéral : vous changez d’angle en route. Fixez un angle modéré au départ et conservez-le jusqu’à la lettre d’arrivée.
Astuce de précision : chronométrez vos tracés. Par exemple, un cercle de 20 m au trot de travail prend souvent 1 à 2 foulées de plus ou de moins selon la cadence. Connaître votre tempo aide à rester constant.
Conseils pratiques pour les cavaliers
Travaillez par objectifs simples et visibles. Choisissez deux figures prioritaires par séance, définissez un critère de réussite concret et arrêtez dès que c’est acquis. La répétition juste vaut mieux que la répétition longue : qualité plutôt que quantité, pour garder l’envie et la fraîcheur musculaire.
Plan type d’échauffement : pas actif avec mobilisations d’encolure, grandes lignes droites au trot, cercles de 20 m, puis voltes et serpentines. Ajoutez un déplacement latéral léger pour délier les épaules. Gardez 5 à 10 min en fin de séance pour revenir à des figures faciles et respirer.